
Le Kenya franchit une étape importante dans le développement de sa sommellerie : Soraiya Ladak a remporté le premier concours national du Meilleur Sommelier et deviendra la première représentante du pays au concours ASI du Meilleur Sommelier du Monde.
Organisée par la Sommelier of Kenya Association (SOKA) le 3 juillet, la compétition nationale a réuni 11 professionnels de l’hôtellerie-restauration, du commerce du vin et de la formation. Pour l’association, elle marque une avancée importante dans la construction d’un parcours national de compétition et la préparation des sommeliers kenyans aux concours internationaux.
Ladak représentera le Kenya à Lisbonne, au Portugal, du 11 au 17 octobre 2026, portée par ses ambitions personnelles et son souhait de contribuer à l’essor de la profession dans son pays.
« Représenter le Kenya au concours ASI du Meilleur Sommelier du Monde est un immense honneur », confie-t-elle. « Cela signifie porter le nom de mon pays sur la scène mondiale et montrer que le talent, la passion et la détermination peuvent venir de partout. »
Le concours national évaluait bien davantage que les connaissances sur le vin. Après une épreuve écrite, Ladak a rejoint Edwin Njoroge et Samuel Ndichu en finale. Les épreuves associaient service des boissons, accords mets et vins, dégustation, réflexion commerciale et réponses rapides sous pression. Spencer Fondaumière présidait un jury composé de Diane Chimboza, Meera Karia, Aloys Onchuru et Anthony Muturi.
La présence d’étudiants en hôtellerie-restauration aux côtés de professionnels confirmés a également souligné les possibilités offertes à SOKA pour accompagner la relève. L’association envisage un parcours structuré permettant aux jeunes sommeliers de progresser vers le concours national.
Pour Ladak, cette victoire s’inscrit dans la continuité de son expérience au sein de Team Wine Kenya au Championnat du monde de dégustation à l’aveugle, de sa formation continue et de ses activités d’importation, de formation et de mentorat à The Wine Shop. Grâce à l’étude, aux concours et à son engagement dans la communauté sommelier kenyane, une ambition autrefois lointaine est progressivement devenue un objectif accessible.
Sa préparation consiste désormais à renforcer ses compétences pratiques de service et à gagner en assurance lorsque le temps est compté. L’accès à des réseaux d’entraînement établis et aux ressources nécessaires reste un défi, rendant le soutien de ses collègues particulièrement précieux.
« J’ai la chance d’avoir toute une communauté d’amis, de collègues et de sommeliers qui m’encouragent et me soutiennent à chaque étape ! »
Être la première représentante du Kenya implique une responsabilité, mais offre aussi la possibilité de poser un premier jalon pour les générations suivantes. Ladak espère remettre en question l’idée selon laquelle les connaissances approfondies du vin seraient surtout l’apanage des pays producteurs traditionnels, tout en faisant mieux connaître la culture de l’accueil et la communauté du vin émergente de son pays.
Elle mesure particulièrement ce que cette visibilité peut apporter aux femmes et aux jeunes qui envisagent une carrière dans l’hôtellerie-restauration.
« C’est important, car je veux montrer que la sommellerie est une profession qui offre des possibilités incroyables, d’où que l’on vienne, particulièrement pour les femmes. »
Alors que SOKA poursuit son développement, le parcours de Ladak illustre les perspectives qu’ouvrent la formation, la communauté professionnelle et l’ambition compétitive. Sa participation à Lisbonne donnera aux futurs sommeliers kenyans une compatriote à suivre.
« Je veux représenter le Kenya au mieux de mes capacités et montrer que nous avons notre place sur cette scène. »




